Lundi 7 mai 2007

La fracture a gagné

Ce matin, la France est coupée en deux. Le vote des Français est cohérent et confirme le résultat du référendum sur la Constitution européenne. Il existe une France qui croit dans la capacité du pays à s'insérer dans la mondialisation et à tirer son épingle du jeu. Et il existe une France de la peur, qui craint, entre autres, ce changement et qui vote contre cette France, contre la France de ce qui marche.

L'analyse du vote d'hier permet de dresser le portrait de ces deux France. Le vote d'hier est celui des retraités contre les « jeunes » de moins de 60 ans. Il est celui des commerçants, artisans et professions libérales contre le reste du tertiaire et des ouvriers. Il est celui des villes contre les campagnes. Il est celui des classes aisées contre les classes moins favorisées.

Ces deux France sont-elles réconciliables ? L'histoire de cette droite arrogante a toujours été clairement de favoriser un camp contre un autre. Je ne crois pas que cette réconciliation est possible entre ces deux France qui n'ont rien en commun. Les inégalités vont se creuser et les privilèges croitre. Nous allons vers le modèle des Hauts-de-Seine à l'échelle de la France. Le politique des clans, des castes et des « amis » contre l'intérêt général va s'accroitre. L’individualisme exacerbé triomphe au détriment des valeurs humanistes.

L'avenir est dans cinq ans. D'ici là, la fracture sera salée.