Dimanche 6 mai 2007

À la rencontre de la France qui se lève tôt...

Pour diverses raisons, j'ai dû aller voter ce matin à l'ouverture des bureaux de vote. Cela m'a permis de rencontrer « la France qui se lève tôt », dont Nicolas Sarkozy chante les louanges. En témoigne cette photo prise à la sortie de mon bureau de vote.

Tout ceci aurait pu n'être qu'une simple boutade, mais ce matin, je n'avais pas envie d'en rester là. Alors, je cherche sur Internet et parviens à trouver une information cruciale. Ma constatation de terrain est corroborée par un sondage de l'institut IFOP du 27 avril 2007. En page 6, on y trouve les intentions de vote au second tour, répartie par classe d'âge. Ségolène Royal est en tête dans toutes les classes d'âge, jusqu'à 65 ans. Après 65 ans, Nicolas Sarkozy est largement en tête, le vieillissement de la population lui permettant d'avoir l'avantage sur l'ensemble de la population.

Alors, oui, la France qui se lève tôt à laquelle s'adresse Nicolas n'est pas celle que l'on croit. C'est la France vieillissante qui se sent distancée par la France jeune et dynamique et ce n'est pas celle des forces vives de la nation comme le sous-entend l'équipe de campagne de l'UMP.

Cette grille de lecture permet de relire avec un oeil neuf les discours de Nicolas Sarkozy. Combien avait les plus de 65 ans d'aujourd'hui en 1968 ? Ils avaient tous plus de 26 ans. Ce sont ceux qui travaillaient à cette époque là. La France qui travaille contre la France des assistés de Nicolas Sarkozy parle au retraité. La référence à mai 1968 n'est pas anodine. C'est à la France de 1968 que Nicolas Sarkozy s'adresse. La présence des people has-been lors du meeting de Sarkozy à Bercy confirme cette volonté de séduire l'électorat vieillissant.

Tout cela donne un tout autre éclairage à la rupture prônée par ce candidat « moderne».

-- Mickaël Rémond